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Justice des mineurs… pour les mineurs ?

juin 28th, 2007

Très sensible à la question de la justice des mineurs, je me reconnais complètement dans le texte ci-dessous reproduit. Il ne s’agit pas de faire de l’angélisme béat, de répéter "il est interdit d’interdire"… il s’agit de reconnaître que l’individualisation de la peine doit se nourrir d’éléments objectifs. Quel avenir pour la société qui baisse les bras ?

[mode conviction intime ON]
C’est à la justice des majeurs de s’inspirer de l’ordonnance de 1945, et non aux tenants du tout repressif de détruire le régime spécial de la justice des mineurs !
[mode conviction intime OFF]

[mode pragmatique ON]
Des sous, des sous, des sous !!!
[mode pragmatique OFF]

"L’adolescence est l’âge de tous les possibles. C’est aussi l’âge de tous les défis, des prises de risques, de l’entraînement réciproque. Le nombre des suicides, d’accidents de la circulation, de violences subies, et la surconsommation d’alcool ou de drogues sont les signes de la fragilité de cet âge. Une petite minorité s’engage dans la délinquance, parfois avec violence.

Devons nous traiter ces adolescents délinquants comme des adultes, alors qu’aucun débat n’a eu lieu sur l’age de la majorité, et vouloir les envoyer, plus nombreux encore, en prison ?

Cela peut être l’effet du projet de loi présenté par le gouvernement, qui entend faire juger les adolescents âgés de 16 à 18 ans comme des adultes, et durcir les peines de prison, en cas de récidive.

En l’état du texte, par exemple, un vol de portable, commis après deux précédents vols, pourra conduire, sauf exception, un adolescent de 16 ans pendant deux ans en prison, peine plancher minimum. Il en résultera une augmentation importante du nombre d’adolescents détenus.

Aujourd’hui, en France,  15 millions de jeunes poursuivent des études au delà de 20 ans, vivent en couple à 25 ans, ont un premier enfant à 30 ans. La prolongation des études et aussi l’accès difficile à un premier emploi, retardent, pour tous les jeunes, l’entrée dans la vie adulte.

Sur ces 15 millions de jeunes, 15 000 d’entre eux âgés de 16 et 17 ans sont  interpellés plusieurs fois dans l’année. La plupart de ces adolescents sont déscolarisés depuis l’age de 14 ans, sans qualification ; ils ne parviennent pas à accéder à un premier emploi. Se percevant comme inutiles, humiliés par les échecs répétés, ils « traînent », provoquent, commettent ensemble la plupart de leurs infractions.

Ce sont ces adolescents qui, seuls, seraient traités comme des adultes ? Ce sont ces adolescents pour lesquels la France abandonnerait tout effort d’éducation ?

Trois mille trois cent cinquante d’entre eux ont été en prison en 2006.

Faire de l’enfermement la seule réponse « automatique » à la délinquance des mineurs est une impasse ; dangereuse pour les adolescents, à cet age de la vie, et inefficace pour la société quand nous connaissons l’importance de la récidive à la sortie de prison.

D’autres sanctions existent, qui fixent des limites, réparent sans exclure, et permettent un nouveau départ.

Nous devons aussi oser nous engager dans la réussite des programmes éducatifs, des  internats éducatifs qui structurent ces adolescents, des classes relais, des centres de jour, des maisons des adolescents, qui les inscrivent dans  un projet.

Leur efficacité est démontrée. Elle serait encore plus forte si elle était appuyée par des budgets à la hauteur de ces enjeux.

A l’heure de l’ouverture politique et de la modernisation proclamée, nous demandons un moratoire sur le texte en projet, l’ouverture d’un « Grenelle de l’adolescence » pour mener un débat serein sur la délinquance des adolescents, une évaluation des politiques publiques et des réformes législatives successives, pour dégager un consensus sur l’insertion de tous les jeunes.

 Conscients de notre responsabilité d’adultes, nous souhaitons que l’adolescence fasse l’objet d’une politique audacieuse de la jeunesse, à la mesure des espoirs et des fragilités dont est porteuse cette période de la vie."

 

> Pour signer l’appel, cliquer ici


Les premiers signataires :

Pierre-Jean Andrieu, professeur des universités, ex délégué à l’insertion des jeunes
Anne Françoise Astruc, magistrate
Francis Bailleau, sociologue, directeur de recherche au CNRS,
Thierry Baranger, magistrat, ancien président de l’AFMJF, association française des magistrats de la jeunesse
Alain Blanc, magistrat,
Dominique Blanc, magistrat,
Alain Blanchet, professeur des universités,
Jean-Michel Bloch-Lainé, président de L’UNIOPSS
Laurent Bonelli, chercheur enseignant (Université Paris X),
Joelle Bordet, psychosociologue
Delphine Bourgoin, juge des enfants
Claire Brisset, ancienne défenseure des enfants,
Alain Bruel, magistrat honoraire, ancien président du tribunal pour enfants de Paris (AFMJF),
Pascale Bruston, magistrate
Mylène Carnevali, avocate,
Nicole Catheline, pédopsychiatre, praticien hospitalier, responsable d’unité de soins de jour pour collégiens et lycéens (Poitiers),
Philippe Chaillou, magistrat, président de chambre des mineurs,
Christian Charrière-Bournazel, avocat
Jean-Pierre Chartier, psychanalyste, directeur de l’école des psychologues praticiens
Dominique Charvet, ancien directeur de la protection judiciaire de la jeunesse, ancien président de la commission jeunes et politiques publiques au Plan
Christian Chasseriaud, président de l’association française des organismes de formation et de recherche en travail social (AFORTS),
Monique Chemillier Gendreau, professeur émérite à l’Université ParisVII Denis Diderot,
Yvonne Coinçon, présidente de l’association nationale des psychiatres du secteur infanto - juvénile ( API)
François Colcombet, ancien président de la MILDT, ancien directeur de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse
Henri Colombani, militant associatif
Nicole Combrexelle, présidente du tribunal pour enfants de Versailles,
Jacqueline Costa Lascoux, directrice de recherche au CNRS,
Martine De Maximy, présidente du tribunal pour enfants de Nanterre (AFMJF),
Jean-Pierre Deschamps, magistrat,
Jacques Donzelot, sociologue,
François Dubet, sociologue,
Jean-Pierre Dubois, président de la ligue des droits de l’homme
Jean-Michel Ducomte, président de la ligue de l’enseignement,
Muriel Eglin, magistrate, ancienne conseillère du Défenseur des enfants (AFMJF),
Corinne Ehrenberg, psychanalyste, directrice de l’Usis,
Alain Ehrenberg, sociologue, directeur de recherche (CNRS),
Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste,
Myriam Ezraty Bader, magistrate honoraire, ancienne directrice de la protection judiciaire de la jeunesse,
Jean-Marie Fayol Noireterre, magistrat honoraire,
Lef Forster, avocat,
Hélène Franco, secrétaire générale du syndicat de la magistrature (SM),
Antoine Garapon, ancien juge des enfants,
Michel Grappe, pédopsychiatre,
Olivier Guérin, avocat général cour de cassation,
Armelle Guiraud, juge des enfants
Faride Hamana, président de la FCPE
Hervé Hamon, magistrat, président du tribunal pour enfants de Paris (AFMJF),
Bernard Heckel, président du comité national de liaison des associations de prévention spécialisée ( CNLAPS)
Jacques Hederer, conseiller à la cour de cassation,
Serge Hefez, psychiatre des hôpitaux, service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent (Hôpital Salpêtrière),
Stéphane Hessel, ambassadeur de France,
Patrice Huerre, pédopsychiatre
Maria Inès, co-secrétaire nationale du SNPESPJJFESU,
Alain Jakubowicz, avocat
Anousheh Karvar, secrétaire nationale, CFDT,
Roland Kessous, magistrat honoraire,
Georges Kiejman , avocat
Michel Kokoreff, sociologue, président du club de prévention spécialisée l’ ACASA
Laurence Lacour, psychanalyste,
Hugues Lagrange, sociologue (CNRS SciencePolitique),
Bernard Lamoulie, pédopsychiatre
Christine Lazerge, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne,
Jean-Louis Le Run, pédopsychiatre,
Marie-Ange Leprince , présidente du tribunal pour enfants de Créteil
Nadine Lyon Caen, administrateur ad hoc, ancienne secrétaire générale de la fédération, française des assesseurs de tribunaux pour enfants,
Nicole Maestracci, magistrate, présidente de la FNARS, fédération nationale des associations d’ accueil et de réinsertion sociale
Eric Malapert, psychiatre des hôpitaux,
Daniel Marcelli, professeur de pédopsychiatrie, chef de pôle et responsable d’unités pour adolescents (Poitiers),
Michel Marcus, magistrat, expert sécurité urbaine
Philippe Meirieu, professeur des universités,
Alain Molla, avocat,
Odile Mondineu, magistrate, présidente de cour d’assises,
Denis Moreau, magistrat,
Edgar Morin, sociologue,
Marie- Rose Moro, professeur de psychiatrie de l’ enfant
Véronique Nahoum Grappe, anthropologue,
Aldo Naouri, pédiatre
Agnès Naton, secrétaire confédérale CGT,
Françoise Neymarc, présidente du tribunal pour enfants de Lyon (AFMJF),
Gilda Nicolau, professeur de droit (Université Paris VII Denis Diderot),
Laurent Ott, philosophe, formateur en sciences sociales,
Georges Papnicolau, pédopsychiatre, directeur de la clinique Dupré
Catherine Paulet, psychiatre,
Sylvie Perdriolle, magistrate, ancienne directrice de la protection judiciaire de la jeunesse,
Marie-Françoise Petit, présidente honoraire du TGI de Nanterre,
Eric Pliez, directeur général de l’ association Aurore
Anne Puig Courage, présidente du tribunal pour enfants de Melun
Géraldine Rigollot, magistrate
Chantal Rodier, juge des enfants
Joël Roman, philosophe, collaborateur de la revue Esprit,
Claude Roméo, directeur de l’enfance et de la famille (Seine St Denis), initiateur de l’appel des 100 pour le renouveau de la protection de l’enfance,
Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, président DEI France,
Madeleine Sabatini, ancienne première présidente, ex présidente du tribunal pour enfants de Paris,
Denis Salas, magistrat, ancien juge des enfants,
Jean Louis Saradet, pédopsychiatre,
Anne-Sylvie Soudoplatoff, présidente du tribunal pour enfants de Pontoise,
Catherine Sultan, magistrate, présidente de l’association française des magistrats de la jeunesse et de la famille (AFMJF),
Philippe Texier, conseiller à la cour de cassation, président du comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU,
Michel Thery, ex délégué à l’insertion des jeunes,
Irène Théry, sociologue,
Pierre Tournier, Club social démocrate « dès maintenant en Europe »,
Michel Tubiana, président honoraire de la ligue des droits de l’homme
Anne Tursz, pédiatre, épidémiologiste, présidente du comité interministériel violence et santé,
Anne Valentini, juge des enfants
Alain Vogelweith, magistrat,
Pierre Faraggi, président du syndicat des psychiatres des hopitaux,
Patrick Bediat, directeur de l’ association APCARS,
Michael Janas, président de l’ association nationale des juges de l’ application des peines,
Lionel Escoffier, président de la FNUJA ( union des jeunes avocats )
Gilles Pierre, directeur de l’ association le Pont,
Marie Christine George, magistrate,
Mondane Colcombet, magistrate,
Ankhera Kali, magistrate,
Karinne Gonet, magistrate,
Sabine Raczy, juge des enfants,
Didier Terrier, délégué régional de la LDH Aquitaine,
Béatrice Brenière, assistante sociale,
Hélène Chappey Raulet, chargé de mission FNARS,
Luc Hanin, éducateur spécialisé,
Frédéric Jésu, vice président de la section française de Défense des Enfants International,
Céline Braillon, présidente de l’ association pour la démocratie et l’ éducation locale et sociale ( ADELS)

On a retrouvé l’Avocat Général !

juin 22nd, 2007

Je crois être un des premiers lecteurs lorsque M. Philippe BILGER a ouvert son blog, (informé ici, ou ici sans doute) et j’ai tout de suite apprécié le ton de ce procureur original. L’homme mérite quelques attentions, Avocat Général près la Cour d’Appel de Paris, il dénote par sa bonhommie et ses aspects "cabot". Il tient bien entendu sa place au sein de nos "médiatiques", "du côté du Palais".

Pour une fois que le magistrat médiatique sert la cause commune de la profession, réjouissons-nous ! Sur les plateaux de télé, en pleine promotion des ses ouvrages (nombreux il faut le dire !), il tient régulièrement un discours exigeant sur la justice, loin des raccourcis des journalistes.  Il semble que les magistrats qui sortent de l’ombre prennent de grands risques, très souvent, ils sont pièces centrales de scandales, citons ici les Montgolfier, Joly et autres Halphen… Il n’en est rien pour M. Bilger, qui pendant le procès d’Emile LOUIS, par exemple, a fait oeuvre de pédagogie dans les médias. Personne rare je vous le disais.

Il ne s’est pas encore engagé sous les bannières politiques (pas encore ?), il a résisté aux sirènes qui ont brûlé les ailes de quelques uns ses collègues célèbres (Halphen toujours, J.L. Bruguière plus récemment). Rare vous disais-je.

L’ouvrage qui constitue un indispensable pour moi est sans nul doute "Un avocat général s’est échappé" publié en 2003 au Seuil. En plus d’un playdoyer vibrant sur les fonctions du parquet dans le procès, il regorge d’annecdotes savoureuses issues des grands procès historiques. Indispensable, sans nul doute !



"Un avocat général s’est échappé"

Comparer les Prix

Que se passe-t-il chez Nico Shark ?

juin 19th, 2007

Si c’est un buzz, c’est bien vu, alors ne pouvant que m’incliner devant tant de machiavélisme, je le relaie avec plaisir (quoique c’est un peu de mauvais goût ?)

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 EXCLUSIF : NICO SHARK HARPONNé PAR LES CHASSEURS DE REQUINS DU FBI (ou des RG) !

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Sinon, ça crait grave, et ça va devenir du droit…

Dans l’attente,

PissTroiGüt.


 

EDIT : de retour avec un jeu… qui bug ?

Rafale de liens #1

juin 19th, 2007

Régulièrement, nous tenterons de déposer ici une petite rafale de liens juridiques…


A plus,

Smoath.

Dalloz Vs. Litec

juin 15th, 2007

"Je ne sais lequel choisir, par qui me laisser séduire.
Je ne sais lequel choisir, pour l’aimer et partager son avenir."



Citation du (feu ?) groupe de ragga Neg’marrons qui tente d’exposer le dilemme qui s’est présenté avant chaque examen, au moment de l’achat du Code à jour. Dalloz ou Litec, Litec ou Dalloz ?

En fait de choix, il n’y en a guère, c’est semble-t-il "l’habitus" qui commande. Le premier Code utilisé est adopté, et à vie je pense. Je cotoie les dalloziens et les Litecois, tous plus fanatiques les uns que les autres et inutile de demander à un litecois de trouver une jurisprudence dans le code rouge, pas plus qu’au dallozien de maîtriser son homologue bleu.

Je prends le pari que si une des deux maisons offrait à tous les étudiants de première année de droit un code de leur chapelle, cela lèverait une génération de fidèle prête à se ruer - à tout prix - sur les éditions suivantes !

Mais ne sommes nous pas en fait, les dindons d’une farce, cette pseudo guéguerre n’est-elle pas entretenue avec la même insistance que celle qui divise les amateurs de Ricard© et les fadas du 51© ?

Qu’en pensez vous ?

En tout les cas, vous avez le choix des armes, Le Datec ou le Lilloz !

Smoath

La passion française pour la politique ?

juin 13th, 2007

Mon c** oui !
Quand les enjeux arrivent, qu’il ne s’agit plus d’élire notre représentant(e) aux apéros du G8 - tiens au fait, c’est lui qui a gagné -, y a plus personne ! Jouez la personnalisation, vous prenez un risque grave pour l’avenir.

Enfin j’dis ça…

Trouvé dans mon bureau de vote…

PissTroiGüt

Mon chevet est d’actualité…

juin 11th, 2007

Si l’auteur de ce pavé squatte les antennes et affole les actualités google, c’est pour promouvoir la sortie du documentaire "L’avocat de la terreur", qui de l’aveu même du terroriste des salles d’assises, ne tient son intérêt que de son sujet : Maître Jacques Vergès himself.

Il donc temps de se replonger dans ce "Dictionnaire amoureux de la Justice", recueil en 26 chapitres d’extraits d’ouvrages déjà parus ou de réflexions originales. J’ai ce bouquin sur ma table de chevet, et ne cesse d’y revenir régulièrement, lorsque l’insomnie guette, et que le vice ne me démange pas.

Smoath.


Le prix : 23,75 € chez nous !
Ou en OCCASION

(COMPARATIF DE PRIX : Chez Chapitre.com, idem. A la Fnac, idem. […])

Autres références…
… concernant "Jacques Vergès" chez LaBoutiqueDuDroit


Editorial

juin 1st, 2007

     Qui n’a pas regretté un jour l’achat compulsif d’un livre de droit ? Quel étudiant, quel professionnel, à la bourre, n’a pas fondu sur le dernier ouvrage de procédure pénale, avec l’idée de résoudre le cas qui lui est présenté…
… et qui ne s’en est jamais mordu les doigts ? La dernière réforme n’apparaissait pas, la diarrhée législative était passée par là et ledit bouquin était déjà obsolète.

     Alors voilà notre niche, le service qui nous aiderait dans nos étude de droit, nous vous le proposons : ce BLOG servira donc à commenter les ouvrages que nous utilisons, ceux que nous feuilletons dans les librairies, que nous côtoyons à la BU et à vous retranscrire nos impressions.

     C’est bien entendu un service gratuit, s’il vous sied,  vous pourrez acheter sur :


Vos Serviteurs Zélés : SharlDalauz, SmoAth, PissTroiGut, Totie & LeBlond (en attendant les autres…)

PS : quelques tests objets de la vie de juriste vous seront aussi proposés.